Les doubles : la pesanteur et la grâce

Claire Morel scrute l’être avec une poésie en image où certains gouffres - cachés par la maladie de l’idéalité et la loi des genres - sont révélés. Le un n’est plus ankylosé : il  devient multiple en des processus nomades au sein même de ce qu’il croit être. D’où une dimension rare dans l’art contemporain : la recherche terrestre de l’envol, l’appel d’air mais au sein même de ce que la matière humaine possède de plus dense et de plus organique.

Il n’existe donc pas chez Claire Morel de « vitrification » mais une transparence. Chaque fixation fait le jeu d’un déplacement par groupements symétriques ou opposés.  Nous sommes dans l’ici mais aussi dans l’ailleurs que nous voulons ignorer. Bref l’artiste rappelle que nous demeurons porteurs de virtualités. Elles mettent à mal les images « pieuses » que nous nous inventons.

Jean-Paul Gavard-Perret, juillet 2016 .

Mes griffes de la nuit
Mes griffes de la nuit

les fourcheries
les fourcheries

Mes griffes de la nuit
Mes griffes de la nuit

1/2